Interview d'Alain Gaillard

Dernier avec seulement trois petits points, le Castres Olympique connaît un début de saison bien difficile. Battus samedi dernier une seconde fois dans l'antre de Pierre Antoine.
Alain GAILLARD revient, non sans amertume, sur ce début de saison à l'envers, dressant un bilan dont il assume la responsabilité…

"Nous avions fait le choix de travailler dans la continuité autour de quelques nouveaux joueurs que nous souhaitions intégrer à bon escient au groupe. Or, dès la reprise, nous nous sommes retrouvé confronter à une hécatombe de blessés que je n'explique pas. De sorte que nous avons dû revoir notre équipe autour des quelques valides et de nouveaux joueurs, oeuvrant parfois à des postes qui ne sont pas nécessairement leur place de prédilection. In fine, une équipe à reconstruire. Nous avions misé sur les réceptions de Bayonne et de Dax, sans résultat hélas …
Aujourd'hui nous sommes bon dernier du classement. Une situation que je n'ai jamais connue jusqu'à présent en tant qu'entraîneur. J'en assume la responsabilité. Et, si j'avoue même en avoir honte, je n'en suis pas moins déçu et profondément en colère : contre Bayonne, certes nous passons à travers mais, nous jouons aussi de malchances avec deux essais de nos adversaires sur des niaiseries. A Brive, sur une pénalité, le ballon sur le poteau nous prive d'une victoire quasi acquise. Samedi, contre Dax, un essai, que l'on pourrait qualifié de valable tel que nous le démontre la vidéo, ne nous est pas accordé par l'arbitre de champ. Toujours est-il que cela n'empêche pas de constater que le match que nous avons livré est indigne d'un rugby d'élite non loin de la Fédérale : aucune agressivité  pas plus que d'envie. Il est bien affligeant de voir que l'on ne fait même pas ce que l'on travaille aux entraînements. Je veux chasser au plus vite nos vieilles habitudes récurrentes : il y a un disfonctionnement entre la combativité face aux Brivistes et le laisser-aller face aux Dacquois. Une telle carence collective relève de l'incompréhension, elle est indigne de joueurs professionnels. Nous sommes touchés dans notre honneur de sportifs de haut rang. Une chose est sûre, nous devrons retrouver ses valeurs de solidarité, de sacrifice, de respect qui font le rugby, rallumer cet esprit combatif, marque des grandes équipe (NDLR : au fait, Wilson WHINERAY, l'emblématique pilier et capitaine des All-Blacks entre 1957 et 1965 - 45 capes-, actuel président la Fédération Néo-zélandaise de Rugby, n'a t-il- pas dit que "les grandes équipes ne meurent jamais !" ; Castres, n'est-elle pas une grande équipe ?!) pratiquer un jeu un cran au-dessus contre Clermont. Pour respecter les autres, respecte-toi toi-même. A nous de faire que nos supporters retrouvent confiance et sérénité…"


Interview réalisée par Olivier ROQUES le 15/09/08

Alain GAILLARD

Directeur sportif du CO


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